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    Cabinet kiné

    Cotation bilan kiné : comment facturer le BDK correctement en 2026

    21 juin 202612 min de lecturePPierre Mace
    Cotation bilan kiné : comment facturer le BDK correctement en 2026

    La cotation bilan kiné reste l'une des zones grises les plus génératrices d'erreurs de facturation dans notre profession. En 2026, avec les revalorisations NGAP en vigueur, mal coter un BDK peut coûter plusieurs euros par séance. AMK 10.7 ou AMK 10.8 ? Bilan initial ou rebilan ? À quelle fréquence refacturer ? Dans cet article, on parcourt la nomenclature, les tarifs 2026 et les pièges de facturation les plus courants.

    En bref

    • BDK obligatoire : le bilan diagnostic kinésithérapique se cote dès la 1re séance, sur ordonnance, jamais rétroactivement.
    • Cotation bilan kine : AMK 10.7 pour la rééducation musculo-squelettique standard, AMK 10.8 réservé aux pathologies neurologiques et réadaptation fonctionnelle complexe.
    • Tarif 2026 : valeur AMK fixée à 0,69 €, soit 7,38 € pour un BDK coté AMK 10.7 et 7,45 € pour un AMK 10.8.
    • Fréquence NGAP : rebilan facturable à la 30e séance prescrite ou facturée, puis toutes les 20 séances au-delà.
    • Cumul interdit : BDK et séance de rééducation ne se cumulent pas le même jour, quel que soit le logiciel utilisé.
    • Risque CPAM : traçabilité insuffisante (BDK sans objectifs, sans date lisible) est la 1re cause de reversement lors d'un contrôle.

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    Qu'est-ce que le bilan diagnostic kinésithérapique (BDK) ?

    Le bilan diagnostic kinésithérapique n'est pas une formalité administrative. C'est l'acte fondateur de toute prise en charge : un temps clinique structuré où le masseur-kinésithérapeute évalue les déficiences, les limitations d'activité et les restrictions de participation du patient. Il aboutit à un diagnostic kinésithérapique, une conclusion raisonnée qui oriente le projet thérapeutique et justifie les actes de rééducation prescrits.

    Le BDK est obligatoire dès que la prescription médicale ouvre une nouvelle série de soins. On peut facturer le BDK dès la première séance de kiné, puisque c'est lors de cette première séance qu'il doit être réalisé. La nomenclature (NGAP) encode cet acte sous la lettre-clé AMK, avec deux niveaux de cotation selon la complexité clinique. Sans BDK tracé dans le dossier patient, la facturation correspondante est contestable par la caisse, c'est un risque concret, pas théorique.

    En pratique, le BDK dure entre 30 et 60 minutes selon les cas. Il doit être consigné, daté, et cohérent avec le codage transmis.

    Comment coter un bilan kiné : AMK 10.7, AMK 10.8 et leurs différences

    AMK 10.7 : le bilan initial de rééducation

    L'AMK 10.7 est la cotation de référence du bilan diagnostic kinésithérapique en rééducation standard. Elle s'applique dès la première séance, pour toute pathologie musculo-squelettique, respiratoire ou viscérale couverte par une prescription médicale ordinaire.

    Trois conditions doivent être réunies :

    • une ordonnance médicale préalable
    • le bilan réalisé lors de la 1re séance de la série de soins
    • un dossier patient tracé avec le diagnostic kinésithérapique rédigé et daté

    La valeur de l'acte correspond à 10,7 fois la valeur unitaire de la lettre-clé AMK fixée par la convention. L'AMK 10.7 couvre l'évaluation des déficiences, l'analyse des limitations fonctionnelles et la définition des objectifs thérapeutiques. Point souvent raté : l'AMK 10.7 ne se cumule pas avec un acte de soin le même jour, sauf disposition particulière de la NGAP.

    AMK 10.8 : bilan de réadaptation fonctionnelle

    L'AMK 10.8 concerne les situations cliniques plus complexes : pathologies neurologiques (AVC, SEP, lésions médullaires, maladie de Parkinson), polytraumatismes graves, ou tout contexte de réadaptation fonctionnelle multi-dimensionnelle. L'évaluation porte sur des domaines élargis : spasticité, fonctions cognitives, autonomie de déplacement, risque de chute.

    La valeur légèrement supérieure reflète un temps clinique plus long, entre 45 et 60 minutes. Certains kinés utilisent l'AMK 10.7 par défaut même en neurologie : c'est de la sous-cotation. D'autres basculent sur l'AMK 10.8 pour une simple lombalgie : erreur inverse. Le choix de la cotation AMK doit correspondre à la réalité clinique documentée dans le dossier.

    Tableau comparatif AMK 10.7 vs AMK 10.8

    CritèreAMK 10.7AMK 10.8
    Indication principaleRééducation musculo-squelettique, respiratoire, viscéraleRéadaptation fonctionnelle, neurologie
    Durée estimée du bilan30-45 min45-60 min
    Public cibleMajorité des patients en cabinet libéralAVC, SEP, polytrauma, lésions médullaires
    Cumul avec acte de soin (même jour)NonNon
    Rebilan possibleOui, selon évolution cliniqueOui, selon évolution

    La vraie ligne de partage : la nature du tableau clinique et la profondeur de l'évaluation réalisée.

    Cadre NGAP et lettre-clé AMK : ce que dit la nomenclature kiné

    La NGAP kiné (Nomenclature Générale des Actes Professionnels) est le référentiel réglementaire qui encadre la facturation des actes de masso-kinésithérapie remboursés par l'assurance maladie. Elle définit les conditions de prise en charge, les règles de cumul et les coefficients applicables à chaque acte. Pour un kiné libéral, la maîtriser n'est pas une option.

    La lettre-clé AMK (Acte de Masso-Kinésithérapie) constitue l'unité de base de cette nomenclature. Chaque acte se facture en multipliant un coefficient par la valeur unitaire de l'AMK, fixée par la convention nationale avec l'assurance maladie.

    Depuis l'avenant 7 convention nationale, la nomenclature a connu des évolutions structurelles : revalorisation progressive des actes et précision des règles de facturation du bilan diagnostic kinésithérapique. En 2026, la nouvelle nomenclature kiné s'organise toujours autour de l'AMK comme lettre-clé principale, avec des coefficients revalorisés et des règles de cumul clarifiées selon le lieu et le contexte d'exercice. Certains avenants récents ont introduit des cotations spécifiques pour l'exercice en structure de santé coordonnée (MSP, ESP), distinctes de l'exercice libéral classique.

    La lettre-clé à utiliser pour facturer le bilan diagnostic kinésithérapique reste l'AMK, sous les coefficients 10.7 ou 10.8. La confusion vient souvent des nouvelles cotations de télésoin ou d'exercice coordonné, qui utilisent des modificateurs spécifiques mais restent adossées à l'AMK.

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    Cotation bilan kiné 2026 : tarifs et revalorisations

    La valeur de la lettre-clé AMK est fixée à 0,69 € depuis les revalorisations conventionnelles de 2026. Pour l'AMK 10.7, on obtient 7,38 €. Pour l'AMK 10.8, on arrive à 7,45 €. La différence est de 7 centimes, mais la justification clinique du coefficient choisi reste une obligation réglementaire.

    Tarifs du BDK en 2026 (après revalorisation)

    CotationCoefficientValeur AMKTarif brutBase remb. sécu (60 %)Prise en charge ALD / maternité (100 %)
    AMK 10.710.70,69 €7,38 €4,43 €7,38 €
    AMK 10.810.80,69 €7,45 €4,47 €7,45 €

    Le bilan diagnostic kinésithérapique est remboursé par la sécurité sociale à 60 % du tarif de responsabilité pour un patient en régime général. Pour les patients en ALD, maternité ou accident du travail, la prise en charge passe à 100 % sans avance de frais si le tiers payant est activé.

    La lettre-clé AMK valait 0,65 € en 2024. La revalorisation 2026 représente une hausse de 6,2 %, soit 0,45 € de plus par bilan, environ 160 € sur l'année pour 30 BDK mensuels. Bien maîtriser la cotation du BDK est l'un des leviers les plus directs pour augmenter ses revenus kiné sans augmenter son temps de travail. Les coefficients 10.7 et 10.8 n'ont pas changé en 2026 ; c'est uniquement la valeur de la lettre-clé AMK qui a évolué. C'est l'erreur la plus fréquente dans les paramétrages de logiciels non mis à jour en début d'année.

    Quand facturer le BDK et à quelle fréquence refacturer ?

    Le BDK se facture dès la première séance de kiné. C'est au masseur-kinésithérapeute de s'assurer que ce bilan obligatoire kiné est réalisé et tracé dès ce premier contact. La première séance de kiné est précisément le bon moment pour réaliser et coter le bilan, puisqu'il conditionne le plan de traitement. Le BDK et une séance de rééducation ne peuvent pas être cotés ensemble le même jour : le jour du bilan, vous facturez uniquement le BDK (AMK 10.7 ou 10.8).

    Fréquence de refacturation

    La nomenclature fixe une règle précise :

    • BDK initial : facturable dès la première séance, une seule fois par prescription.
    • BDK à la 30e séance : vous pouvez refacturer un nouveau bilan à partir de la 30e séance prescrite ou facturée.
    • Refacturations suivantes : 30e séance puis toutes les 20 séances prescrites ou facturées au-delà.

    Pour une rééducation longue durée, la séquence concrète est donc : BDK initial, puis BDK à S30, puis BDK à S50, S70, etc.

    BDK initial vs BDK de suivi

    Le BDK initial documente le tableau clinique d'entrée et les objectifs fixés. Le BDK de suivi évalue l'évolution fonctionnelle et justifie la poursuite de la rééducation. La cotation reste identique (AMK 10.7 ou 10.8), mais le contenu du dossier doit refléter cette distinction. En cas de contrôle, un BDK de suivi rédigé comme un bilan initial fragilise la pertinence de la refacturation. Comptez les séances prescrites ou facturées, pas uniquement celles réalisées.

    Erreurs de cotation fréquentes et comment les éviter

    Les 5 erreurs de cotation les plus fréquentes chez le kiné libéral

    1. Oubli du BDK à la première séance. Le bilan diagnostic kinésithérapique est escamoté par manque de temps ou par habitude. La cotation manquée n'est pas récupérable après coup.

    2. Confusion AMK 10.7 / AMK 10.8. Facturer 10.7 sur un acte qui relevait du 10.8, ou l'inverse : les deux cas existent. Cette erreur sur la lettre-clé génère soit un sous-remboursement, soit une surfacturation non conforme à la NGAP.

    3. Cumul BDK et séance de rééducation le même jour. Certains logiciels ne bloquent pas la double saisie. Pourtant, la règle est claire. La responsabilité reste celle du masseur-kinésithérapeute, pas de l'outil.

    4. Refacturation hors délai. Un BDK de suivi posé à la 25e séance au lieu de la 30e, ou un comptage en séances réalisées plutôt que prescrites : cotation non conforme, même si le bilan clinique était justifié.

    5. Traçabilité insuffisante. Un bilan sans objectifs renseignés, sans déficiences cotées, sans date lisible : il ne tient pas en cas de contrôle. La cotation isolée sans dossier solide est la faille la plus fréquemment soulevée par les services du contrôle médical.

    Contrôle CPAM : que risque-t-on en cas de mauvaise cotation ?

    En cas d'anomalie constatée, les conséquences sont précises :

    • Reversement des sommes indûment perçues, parfois sur trois ans en arrière.
    • Mise en demeure avec intérêts de retard.
    • En cas de répétition, mise en cause disciplinaire devant la section des assurances sociales.

    La cause principale de reversement chez les kinés contrôlés : pas des soins inadaptés, mais l'absence de preuve administrative. Un BDK mal daté ou sans objectifs renseignés fragilise toute la facturation qui suit.

    Cotation selon la pathologie : exemples pratiques pas-à-pas

    Cas 1 : bilan kiné en orthopédie et médecine du sport (AMK 10.7)

    Situation clinique : ordonnance post-entorse de cheville grade II, adressée par un médecin généraliste, 10 séances de rééducation prescrites.

    À la première séance, vous réalisez le bilan diagnostic kinésithérapique : testing musculaire des fibulaires (coté à 3/5), bilan articulaire (dorsiflexion limitée à 5°), évaluation de l'appui monopodal, identification des déficiences fonctionnelles à prendre en charge.

    Cotation :

    • BDK : AMK 10.7 = 10.7 × 0,69 € = 7,38 €
    • Séance de rééducation : non cumulable le même jour, à facturer à partir du lendemain

    Entorses, post-opératoire de genou (LCA, ménisque), tendinopathies, fractures consolidées : c'est la cotation AMK de référence en médecine du sport. Le dossier trace les déficiences cotées, les objectifs fonctionnels et le projet thérapeutique.

    Cas 2 : bilan kiné en neurologie (AMK 10.8)

    Situation clinique : patient de 67 ans adressé en rééducation post-AVC ischémique, hémiplégie gauche spastique.

    Le bilan diagnostic kinésithérapique couvre la motricité globale, le tonus, les réactions d'équilibre, les transferts, la marche pathologique et l'autonomie dans les activités de vie quotidienne. C'est un bilan de réadaptation fonctionnelle, plus long et plus structuré qu'un bilan orthopédique.

    Cotation :

    • BDK : AMK 10.8 = 10.8 × 0,69 € = 7,45 €
    • Séance de rééducation et réadaptation fonctionnelle : à partir du lendemain

    L'AMK 10.8 couvre les pathologies neurologiques (AVC, SEP, Parkinson, lésions médullaires) mais aussi les affections respiratoires et cardio-vasculaires. Facturer 10.7 sur un acte relevant du 10.8, c'est une non-conformité NGAP directe. Le diagnostic kinésithérapique doit refléter explicitement la complexité du tableau clinique.

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    Questions fréquentes

    Comment coter un bilan kiné (BDK) ?

    Le bilan diagnostic kinésithérapique se cote AMK 10.7 pour le bilan initial en rééducation standard, sur ordonnance médicale. Vous portez la cotation AMK 10.7 sur votre feuille de soins, distincte des séances de rééducation. Pas d'AMK 5 le même jour, sauf exception.

    Quelle est la différence entre AMK 10.7 et AMK 10.8 ?

    AMK 10.7 correspond au bilan initial en rééducation musculo-squelettique ou viscérale. AMK 10.8 est réservé aux situations de réadaptation fonctionnelle complexe, neurologie, polytrauma. Deux actes distincts, deux valeurs proches mais non interchangeables sur la feuille de soins.

    Peut-on facturer le BDK dès la première séance ?

    Oui. Le BDK se facture lors de la première consultation kinésithérapique, avant d'entamer la rééducation. Vous ne pouvez pas le facturer rétroactivement plusieurs séances après le début de la prise en charge.

    À quelle fréquence peut-on refacturer un bilan kiné ?

    La NGAP fixe : BDK initial dès la première séance de kiné, rebilan à la 30e séance puis toutes les 20 séances. L'Assurance Maladie attend une justification clinique lisible dans votre traçabilité à chaque refacturation.

    Quel est le tarif du BDK en euros en 2026 ?

    La valeur de la lettre-clé AMK est fixée à 0,69 € en 2026. Un BDK coté AMK 10.7 vaut donc 7,38 € en secteur 1. Vérifiez la valeur en vigueur auprès de votre caisse en début d'année, les revalorisations conventionnelles peuvent intervenir en cours d'exercice.

    Peut-on cumuler le BDK et une séance de rééducation le même jour ?

    Non, sauf dérogation explicite. La NGAP interdit le cumul d'un bilan (AMK 10.7 ou 10.8) et d'un acte de rééducation lors de la même séance. Si la rééducation débute immédiatement après le bilan, vous cotez l'un ou l'autre, pas les deux.

    Quelle lettre-clé utiliser pour facturer le bilan diagnostic kinésithérapique ?

    La lettre-clé est AMK (acte de masso-kinésithérapie). La nomenclature NGAP est formelle : AMK 10.7 pour le bilan initial en rééducation standard, AMK 10.8 pour la réadaptation fonctionnelle complexe. Toute autre lettre-clé entraîne un rejet automatique de la feuille de soins.