La VMA (Vitesse Maximale Aérobie), tout le monde en a déjà entendu parler : au collège ou au lycée lors d'un test de course, dans une association sportive ou plus tard en club d'athlétisme. C'est un terme répandu dans le monde de la course à pied, souvent utilisé comme référence absolue. La VMA est la valeur la plus utilisée en France pour planifier son entraînement. Tu as sûrement déjà vu ce modèle 5 zones qui se base sur des pourcentages de VMA et c'est sûrement ce que tu utilises pour ton entraînement.
Dans la suite de ce blog on va essayer de revenir ensemble sur ce qu'est la VMA, comment l'évaluer mais aussi les limites de son utilisation.
Qu'est-ce que la VMA ?
La VMA correspond à la vitesse de course à laquelle la consommation maximale d'oxygène (VO2max) est atteinte.
Elle est parfois définie comme la "vitesse minimale sollicitant la VO2max" ou "vitesse minimale pour atteindre la VO2max". On parle donc à la fois de vitesse "maximale" et de vitesse "minimale"… ce qui montre déjà un certain flou dans sa définition.
Cette ambiguïté laisse croire que pour développer la VO2max, il faudrait obligatoirement courir à VMA, ce qui est inexact. En réalité, la VO2max peut être atteinte à partir du moment où l'on court au-dessus du second seuil, la différence étant la vitesse et le temps nécessaire pour y parvenir.
Comment mesure-t-on la VMA ?
Il existe deux grandes catégories de tests :
1. Tests à allure progressive
La vitesse augmente progressivement jusqu'à épuisement.
Exemple : VAMEVAL
2. Tests à allure constante
Le coureur maintient une vitesse fixe jusqu'à épuisement.
Exemple : demi-Cooper (6 minutes)
→ Problème : il existe différents tests et donc des résultats qui peuvent être différents. Un même athlète peut obtenir une VMA distincte selon la méthode.
La VMA n'est pas une donnée physiologique "pure", mais le résultat d'un protocole de test, ce qui limite sa fiabilité dans la planification.
Les limites de la VMA pour prescrire l'entraînement
La réalisation d'un test VMA permet de disposer d'un chiffre pour évaluer un athlète et suivre sa progression. Par exemple, refaire un demi-Cooper au cours de la saison permet de mesurer l'évolution de l'athlète sur ce test.
Mais la VMA est aussi largement utilisée pour prescrire des intensités d'entraînement : "Fractionnés à 95 % de VMA", "seuil 2 à 80 % de VMA"...
Et c'est là que les choses se compliquent.
S'entraîner sur la base de pourcentages de VMA suppose que la réponse physiologique soit identique pour tous les athlètes. Or, ce n'est pas le cas.
Il faut revenir au spectre d'intensité où l'on peut délimiter des domaines séparés par des seuils physiologiques :
Quand on réalise un test VMA, on obtient une valeur située dans le domaine sévère. Mais cette valeur ne permet pas de délimiter précisément les domaines d'intensité.
Les seuils sont propres à chaque individu. Deux coureurs ayant la même VMA peuvent avoir des seuils physiologiques différents.
Exemple concret
Prenons deux coureurs avec une VMA de 18 km/h :
Si on leur prescrit un entraînement au seuil à 85% VMA (15,3 km/h) :
Ils ne bénéficieront pas du même stimulus d'entraînement, alors qu'ils courent au même pourcentage de VMA !
Une alternative : la Vitesse Critique
La vitesse critique (VC) est une valeur physiologique plus stable et plus fiable pour délimiter les domaines d'intensité. Elle correspond au second seuil métabolique et permet de mieux individualiser l'entraînement.
Contrairement à la VMA qui varie selon le protocole de test, la vitesse critique est une donnée plus robuste qui reflète réellement la frontière entre le domaine élevé et le domaine sévère.
Conclusion
La VMA reste un outil utile pour suivre la progression, mais elle ne devrait pas être l'unique référence pour prescrire l'entraînement. Une approche basée sur les seuils physiologiques (notamment la vitesse critique) permet une individualisation plus précise et donc une meilleure progression.
